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Le Macareux moine

S’il y a un oiseau de mer facile à identifier, c’est bien le Macareux moine Fratercula artica. Son bec est tellement coloré qu’on lui a donné le surnom de perroquet de mer. Cet oiseau est particulier à plus d’un titre.

Son bec, bien sûr. Mais particulier aussi parce qu’il niche dans un terrier qu’il choisit de creuser dans des pentes abruptes (et à condition que ces dernières soient herbeuses) pour être à l’abri de prédateurs comme le renard.

        

Les pentes sont si abruptes qu’on ne peut accoster, les photos ci-dessus sont prises de bateau.

Souvent le Macareux moine cohabite avec les Mouettes tridactyles, les Guillemots de troïl et les Pingouins torda.

Il va chercher sa nourriture loin en mer et pour compenser l’énergie dépensée, soit il mange sur place les poissons capturés, soit il les rapporte (très souvent des Sprats), telle une « brochette », alignés dans son bec, pour nourrir son unique jeune.

Les tempêtes en mer l’empêchant de pêcher, il s’affaiblit dramatiquement, surtout si elles se  prolongent. Les tempêtes à répétition de l’hiver 2014 expliquent les nombreux cadavres de Macareux moine et autres alcidés (oiseaux de la même famille) échoués sur les côtes françaises.

    

Guillemot à miroir

Guillemot de troïl

Ces échouages d’oiseaux sont tristes et désolants, cependant il faut relativiser car ces phénomènes cycliques sont naturels.

Au départ les populations se portent bien, elles grossissent régulièrement et deviennent très importantes (trop importantes ?). La nature qui se gère très bien tant que l’humain n’intervient pas, crée des conditions nécessaires au bon rétablissement du nombre d’oiseaux dans les colonies et le cycle recommence. Les populations de Macareux moine vont se reconstituer petit à petit.

En France la seule colonie de reproduction du Macareux moine se situe dans l’archipel des Sept-Iles en Bretagne. Afin de protéger cette petite colonie, il est interdit de débarquer sur l’île. En revanche les Macareux se portent très bien en Norvège, Islande, Ecosse et autres pays nordiques. Les photos de cet article ont été faites, par l’auteur, aux îles Shetlands où il est très facile de les approcher. Inutile de prendre un long téléobjectif, au contraire un zoom 24/80 est la focale idéale. Attention toutefois au choix de la période, car les Macareux ne sont à terre que pendant la durée de la reproduction soit, en gros, d’avril à août. Bonne chance aux amateurs.

 

Jacques Coatmeur

(Texte et photos)

Jacques.coatmeur@orange.fr

Toutes les photos de cet article sont des diapositives scannées, boitier Pentax Z1, objectif zoom Sigma 80/300, pellicule Ektachrome 200 asa.

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