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Vautours en Baronnies

Un peu d'histoire...

Les vautours avaient disparu du ciel de France depuis la fin des années 1940. Après un premier échec en relâchant directement des adultes, un programme de reproduction en captivité puis de relâche progressive des jeunes, avec des aires de nourrissage, est mené à bien dans les gorges de la Jonte (Cévennes). La même méthode a été utilisée dans les Baronnies (Drôme provençale) à Rémuzat.

Les vautours en France...

En France métropolitaine, 4 espèces de vautours sont présentes : le vautour fauve (Gyps fulvus), le vautour moine (Aegypius monachus), le vautour percnoptère (Neophron percnopterus) et le gypaète barbu (Gypaetus barbatus). Vautours fauve, moine et gypaète barbu sont sédentaires à l'âge adulte, le percnoptère est migrateur, Vautours fauve et moine se reproduisent en colonies, le gypaète est un solitaire. Il existe maintenant trois sites de reproduction pérenne des vautours fauves : les gorges de la Jonte, les Baronnies et le Verdon (réintroduction en cours dans le Vercors). Le vautour moine est présent, mais fait toujours l'objet d'un effort de réintroduction important. Le percnoptère reste un visiteur incertain. En Savoie le gypaète barbu se reproduit maintenant en Tarentaise (Peisey-Nancroix) et en Haute-Maurienne (Termignon).

...Et dans les Baronnies

La principale colonie (mais pas la seule) des Baronnies est celle du rocher du Caire au-dessus de Rémuzat, dominant  la confluence de l'Eygue et de l'Oule. Le rocher du Caire et toute la falaise qui abrite la colonie est visible depuis le centre de Rémuzat: avec de (bonnes) jumelles on peut observer les adultes ou les jeunes sur leurs aires. Mais le sommet du rocher du Caire est accessible par la route jusqu'à un parking, puis par un chemin agricole (interdit aux voitures).

Une visite s'impose....

Une route donc, part de Saint-May en aval de Rémuzat et permet d'accéder à un parking perdu dans les exploitations agricoles. Route étroite (croisement de véhicules uniquement dans des "garages"), extrêmement sinueuse : âmes sensibles s'abstenir, orages (fréquents) à éviter: Ensuite un large chemin agricole, très facile, mène (à pied) en 20 minutes au sommet du rocher (croix). On est alors au-dessus de Rémuzat, toute la colonie est dans la falaise... au-dessous de nous : les vautours sont totalement invisibles.

Vautour fauve (Gyps fulvus), Sony A700 ; Sigma 100-300 mm f/4 ; 1/640 s à  f/8  ; ISO 400

Le bon moment...

Les vautours, surtout moines et fauves sont essentiellement des planeurs: ils attendent donc, pour voler et surtout pour quitter leurs aires, la présence de courants ascendants (thermiques) qui apparaissent lorsque le soleil chauffe le plateau qui domine Rémuzat. En arrivant suffisamment tôt, l'idée est d'attendre que le soleil fasse son travail (météo à vérifier) et d'assister aux envols... éventuels. Si les conditions sont favorables (les vautours n'aiment pas le mistral), un premier vautour, plus téméraire sans doute (ou plus affamé), tente le départ, puis les autres suivent : certains jours ce peuvent être des dizaines d'individus qui prennent leur envol en quelques minutes. D'autres jours, rien ne se passe : les vautours sont peut-être loin de la colonie, ou bien rassasiés par un nourrissage la veille. Tout cela dépend bien sûr de l'époque (présence des jeunes), des conditions météorologiques des jours passés, des nourrissages.

Vautour fauve (Gyps fulvus), NIKON D300 ; 300 mm f/4 ; 1/800 s à  f/14 ; ISO 1600

Un peu de technique

Le vautour fauve, de loin le plus fréquent sur le site, est un (très) grand oiseau (pas loin de 3 m d'envergure), pas (trop) craintif en vol, mais il prend rapidement son envol depuis la falaise, puis tourne en s'élevant au-dessus de nous. C'est très impressionnant à voir, mais pas très facile à (bien) photographier : au plus près, il est vu par dessous, avant cela il est un peu trop loin, mais toujours en contre-jour sur fond de ciel. Longue focale, monopode (ou plus), rotule pendulaire sont les bienvenus. Autre cas de figure : les départs (ou les retours) dans la falaise sont alors en-dessous de nous : le vol est souvent plus rapide, sur fond de vallée (l'auto-focus à tendance à "accrocher" l'arrière-plan). Surtout, le plumage (fauve) du vautour du même nom, suivant l'angle, a tendance à se transformer en un redoutable "miroir" : surexposition du dos assurée ! Mais les images sont plus intéressantes.

Vautour fauve (Gyps fulvus), NIKON D300 ; 300 mm f/4 ; 1/800 s à  f/14  ; ISO 1600

En savoir plus

Bien sûr le site de l'association grâce à qui cet endroit existe :

Vautours en Baronies

Sur la situation des vautours en France:

LPO Grands Causses

Un peu de lecture ?

  • La pompe à Jules (Mémoire d'un vautour fauve) Michel Mouze (roman), éditeur Lourbatières.
  • Vol bivouac pour un vautour (Les réfugiés de la pompe à Jules) Michel Mouze (roman), éditeur Editions PyréMonde.

Texte et photos : Daniel Jaouen.

 

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